Méditer est un état, ce n’est pas une action. L’action prépare à la méditation. Pour parvenir à un état méditatif il faut créer les conditions pour y parvenir. Créer les conditions est un entraînement long et progressif qui, un jour, peut être permettra d’être en état de méditation. Il me semble important de faire le différence. Les deux phases sont bien différentes. Par exemple lorsque je récite mon mantra pour calmer mon mental et m’éveiller à Dieu, je ne médite pas, je me prépare pour parvenir à cet état méditatif. je distingue bien ces deux phases lorsque je m’adonne à la méditation. Il y a d’abord un temps pendant lequel je vais pratiquer une certaine quantité d’exercices et un temps où je suis en méditation. Nous reviendrons sur ces exercices et la façon de les pratiquer. Je ne pourrai vous livrer que ma propre expérience.
En état de méditation, je suis assis avec ma colonne vertébrale soutenue naturellement, je n’ai aucun effort à faire pour la maintenir car l’éveil de la force intérieure au cours des exercices préparatoires me permet de me tenir là, bien droit, sans rien faire. Ma pensée est au repos, je ne suis qu’un observant qui ne cherche rien. Je suis également le théâtre de la lutte qui s’opère entre mon mental égotique et mon Être. C’est en moi que s’opère cette bataille, dans mon corps physique, dans mes émotions et dans mon mental. Étant en état de méditation, je ne participe à rien, j’observe sans participer, sans donner mon avis et sans chercher quoique ce soit de particulier. Je suis positionné entre mon ego et l’Être, c’est à cet endroit que je peux ne rien faire. Dès que je glisse du côté de mon mental, je suis pris par lui et je suis obligé de faire un effort pour m’en dégager. Il ne cesse d’essayer de me reconquérir. Il me faut avoir une ferme intention dès que je suis repris par lui sans quoi il gagne la partie et j’ai beaucoup de mal à retourner dans cet état méditatif.
Méditer c’est être entre l’ego et l’Être. Il est impossible de plonger dans l’Être comme on le voudrait. On ne peut aller dans l’Être. C’est lui qui nous conquiert. La conscience qui est « je » est identifiée au mental, elle ne peut pas s’en débarrasser instantanément. On peut dire que le mental lui colle à la peau et qu’avec toutes ces mémoires on ne peut pas plonger dans la pureté absolue. Ce sera la pureté, la vérité qui viendra progressivement se substituer au mental. On ne peut que se placer au milieu avec la conscience. C’est intéressant d’observer ces phénomènes, de repérer les différentes phases, tranquillement sans s’énerver.
Au milieu c’est aussi entre ciel et terre, entre le haut et le bas, entre le dedans et le dehors, entre la nuit et la lumière.
Positionné à cet entre deux, je me laisse transformer par l’Être et j’accepte tout ce qui arrive. Je ne cherche rien de particulier, seul le désir de Dieu est présent sans aucune formalisation ni aucune pensée. Je Le laisse m’envahir.
« Vivre au présent » est une phrase qui revient sans cesse dans la bouche de tous ceux qui parlent de Spiritualité. On s’en fait presque une obligation pour être un bon élève. On va même jusqu’à ne plus rien faire ni entreprendre ni rêver pour être au présent comme le disent les livres. C’est intéressant de voir comment le mental s’approprie les qualités qui seront celles d’un sujet réalisé ou en passe de l’être pour être avant d’être. On confond bien souvent le résultat et le moyen. Vivre au présent est un résultat. Lorsque le mental se sera désagrégé, lorsque la conscience ne sera plus identifiée, qu’elle sera redevenue libre, alors il restera le présent. Ce présent sera celui de l’éternité dont on ne peut absolument pas imaginer ce que c’est avant d’y être. Peu y parviennent. En attendant mon présent est bien autre chose. Ce que je vis au jour le jour est mon présent, bien éloigné du présent absolu. Pourtant c’est avec lui que je dois vivre même si j’espère autre chose. C’est avec ce présent que je chemine. Là encore il faut accepter son imperfection. La perfection de mon imperfection. C’est à partir de ce que je suis que je peux évoluer vers Dieu. C’est celui que je suis qui est guidé vers Dieu par Dieu. Il est donc stupide de jouer à être une autre car c’est faire le propre du mental de faire que je sois un autre que ce que je suis réellement. La première qualité de l’aspirant est l’acceptation de ce qu’il est, avec ses particularités. On peut même s’apercevoir que l’on est celui qui est toujours en train d’être ce qu’il n’est pas.
Ce présent relatif et individuel, parfaitement singulier est le reflet de notre mental. toutes nos peurs toutes nos aspirations et toutes nos croyances teintent notre présent. Inutile de vouloir s’en débarrasser par la force du mental, ce serait ajouter une couche de plus. Il suffit d’apercevoir et de s’en remettre à Dieu.
Apercevoir, maître mot du chercheur de Dieu. Et la question revient : que dois-je faire lorsque j’ai aperçu ? La réponse est simple : fait ce que tu peux. Tu ne peux rien d’autre que ce que tu peux.
Ce que tu feras sera encore conditionné par ton mental. Tout ce que nous faisons est conditionné par l’Être et par le mental. Tant que nous serons identifiés au mental il en sera ainsi.
Apercevoir, faire ce qui nous semble juste et nous en remettre au Divin pour le reste. Vouloir être ceci ou cela c’est toujours vouloir, peu importe le ceci ou le cela. Vouloir c’est avoir une idée de ce qui est juste, mais ce n’est qu’une idée. Dans l’éternel présent la volonté a disparu, c’est ainsi que l’on dit que l’être réalisé ne fait rien, sous entendu de sa propre volonté, il se confère à la volonté du présent qui n’est autre que nécessité pour le dharma (le chemin qui mène à Dieu).
Celui ou celle qui adopte cette attitude verra progressivement les changements survenir. Ils surviendront naturellement sans avoir besoin d’adopter un comportement particulier. Le changement se fera à l’insu de la conscience. Soudain on s’aperçoit que quelque chose a changé, les sentiments, les émotions, le corps changent. Je ne me change pas mais je me découvre différent. Patience et persévérance.
Pour rassurer les fidèles lectrices et lecteurs, le blog n’est pas en panne, mais je n’ai que peu de temps pour écrire en ce moment.
La période du printemps qui est également liée à Pâques, est depuis bon nombre d’années un moment particulier dans ma vie intérieure. La vie intérieure et extérieure sont complètement liées. Il m’est tout à fait impossible de les dissocier.
Moment important qui m’amène à beaucoup plus de regard vers mon intériorité. C’est le temps où, tout ce qui a été touché lors de la plongée de l’automne, dans le fond de la nuit, arrive à maturité et s’épanouit dans un déploiement de plus en plus merveilleux. Autant dire que je suis très captivé. Ce serait comme un jardinier qui, après avoir patiemment cultivé une fleur rare et précieuse, dont le parfum promet d’être enchanteur, attend avec ferveur le moment où elle va enfin s’ouvrir. Ce moment est maintenant. Chaque année une nouvelle fleur éclot.
Durant tout le printemps et l’été, toutes les informations et toutes les énergies nouvellement disponibles pourront être largement utilisées. Je suis toujours émerveillé de constater combien le corps est lié à l’évolution spirituelle. La reprogrammation de l’incarnation par les énergies naturelles réalise la transmutation de la matière de l’émotion et du mental. Les trois modes sont transmutés simultanément. Une véritable évolution ne peut pas être sans cette transmutation dans les trois modes. Je constate quotidiennement cet état de fait dans mon corps et dans celui de mes patients.

Kurukshetra est une grande bataille racontée dans le grand poème épique qu’est le Mahabharata.
Cette bataille oppose deux clans qui représentent les deux forces en chaque humain, l’Etre et l’ego. Cette guerre est intense et les batailles très dures. C’est ce qui se passe au sein du sujet lorsque celui-ci est en cours de transformation sous l’effet de la croissance de l’Être. Les conflits entre l’Être et l’égo sont très puissants et se vivent au travers de conflits intérieurs émotionnels, mentaux et physiques.
Celui qui me dit que son chemin spirituel est jalonné de belles fleurs, de douceurs et de joie, n’a pas commencé sa transmutation. Il est peut être en train de la préparer. Le véritable changement est douloureux et épuisant. Il faut pour cela une très forte détermination. La volonté égotique ne suffit pas, il est indispensable que la conscience soit touchée par la Grâce. C’est cette perception même fugace qui donne envie, force et intelligence à l’aspirant pour continuer le chemin. C’est la carotte, la boussole et la nourriture. Sans elle rien n’est possible. L’ego identifié au corps et au mental ne peut rien faire. Seule la Grâce peut conduire l’aspirant sincère. Dieu mène à Dieu.
On peut voir deux phases distinctes. La première est le début de la quête, l’ego cherche une satisfaction ou tente de fuir la souffrance. Puis, un jour, la conscience est touchée par la Grâce. A ce moment commence la deuxième phase. Ce moment particulier, charnière sur le chemin, peut être appelé l’éveil. Mais ce n’est que le début du chemin véritable, le début de la transmutation du sujet. Le début du véritable changement. La bataille sera rude et longue.
Il est tout à fait évident dans mon expérience personnelle que plus mon Être prend de l’importance et moins je suis malade, voir plus malade du tout. Ma dernière consultation médicale pour maladie doit remonter à une bonne quinzaine d’années. Les virus passent mais ne m’affaiblissent pas, je sens que mon corps réagit immédiatement sans laisser la place à un quelconque envahissement. Pourtant au cours de ce cheminement j’en ai éliminé par tous les pores de la peau et par tous les orifices, sans jamais me sentir en danger, ni manifester le moindre signe pouvant évoquer l’installation d’une maladie.
Personne n’est malade par hasard, la maladie est une expression liée à la nature du sujet. Les infections sont, à mon sens, la manifestation d’énergies perverses qui sont déjà présentes dans le corps du sujet. Le corps physique est à l’image de la personnalité égotique mentale et émotionnelle. Si le mental change le corps physique change également. Le corps physique est le substrat de toutes les énergies mentales et émotionnelles. Les toxines physiques sont donc la matérialisation de tendances mentales.
Il ne suffit pas de changer son alimentation et de prendre des draineurs et des détoxifiants à tour de bras pour purifier le corps. Si le mental ne change pas tout revient rapidement comme avant. Une bonne hygiène alimentaire est évidemment préférable à une alimentation riche en toxiques.
Je ne dis pas que les cures de détoxination sont inutiles, je dis juste qu’elles ne sont pas suffisantes.